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Publié par Carole Vignaud

David Foenkinos, Prix des Vendanges 2016

David Foenkinos obtient le Prix 2016 des Vendanges littéraires de Rivesaltes pour son roman « Le mystère Henri Pick ». Le jury a été séduit par l’originalité de l’intrigue et la virtuosité de sa construction qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Auteur d’une douzaine de romans dont « Le potentiel érotique de ma femme » (2004), « La délicatesse » (2008, qu’il a adapté avec succès au cinéma), « Les Souvenirs » (2011, adapté au cinéma), « Charlotte » (2014, Prix Renaudot), David Foenkinos, 41 ans, confirme, avec ce nouveau roman, un talent qui séduit le plus grand nombre.

Il succède au palmarès des Vendanges littéraires à : Michel Le Bris (2008), Michel Onfray (2009), Christian Oster (2010), Bernard Pivot (2011), Jean Echenoz (2012), Jean-Paul Kauffmann (2013), Catherine Millet (2014) et Hubert Haddad (2015).

David Foenkinos sera les 1er et 2 octobre prochains à Rivesaltes pour rencontrer le public et recevoir son prix doté de l’équivalent d’une barrique de vin, soit 300 bouteilles des meilleurs crus de Rivesaltes.

Am, stram, gram, Pick et Pick et colégram

David Foenkinos, Prix des Vendanges 2016

Un bibliothécaire breton, dont la femme a disparu peu de temps après ses noces, ouvre un refuge pour manuscrits refusés pour rendre hommage au suicidaire écrivain américain Richard Brautigan. Le succès médiatique de l'opération incite la mairie à lui adjoindre une assistante qui a bien d'autres choses à faire que lire. Puis il meurt... Une jeune éditrice, dévoreuse de textes et passionnée par les écrivains, vient passer quelques jours de vacances dans sa presqu'île natale avec son nouvel amour, un romancier boudé par le public. Ils visitent la bibliothèque de Crozon et son étrange rayon des « oubliés » et découvrent là un manuscrit particulièrement émouvant sur la fin d'une histoire d'amour écrit par un certain Henri Pick qui se trouve être l'ex-pizzaïolo local, qui n'a pas survécu à sa retraite. Séduits, enthousiastes, ils rentrent à Paris et travaillent à faire paraître l'ouvrage à grand renfort de publicité. La veuve et la fille d'Henri Pick ont beaucoup de mal à se faire à l'idée d'avoir vécu avec un écrivain, ne l'ayant jamais vu avec un stylo. Elles ne sont pas les seules : un critique littéraire en perte de vitesse a lui aussi des doutes sur cette belle histoire. Il va mener l'enquête.

David Foenkinos, en courts chapitres, installe ses personnages. Il va vite. Ne s’embarrasse pas de psychologie alambiquée. On retrouve ici tout son humour tendre qui peut se faire grinçant ou gentiment méchant. Foenkinos a l'art de la formule et il nous plonge avec délice dans les arcanes de l'édition parisienne où les livres se doivent d'être « lancés » avec souvent plus de talent qu'ils n'en contiennent. Pour autant, il évite les lieux communs et aucun de ses personnages n'est une caricature. Même son jeune auteur, publié par un éditeur haut de gamme, explique qu' « il y a pire violence que la douleur de ne pas être publié : l'être dans l'anonymat le plus completPublier un roman qui ne rencontre pas son public, c'est permettre à l'indifférence de se matérialiser. »

Aucun risque avec ce roman à tiroirs grands ouverts qui se déguste comme une promenade entre les rayons d'une bibliothèque foutraque : une énigme, des amours contrariées, des trahisons, des arnaques, des références lettrées (ne pas se priver des « notes en bas de page » détournées avec humour de leur vocation première). Foenkinos s'amuse et nous aussi.

Carole Vignaud

« Le mystère Henri Pick ».Gallimard, avril 2016, 286 pages. 19,50 €.

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SC 26/06/2016 18:04

L'essentiel est dit, et si bien dit, pour finir de nous mettre l'eau à la bouche !