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Publié par Carole Vignaud

T.C. Boyle explore l'Amérique des vrais durs

« Les vrais durs» par T.C. Boyle.

Roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bernard Turle. Editions Grasset, 442 pages, 22 €.

T. C. Boyle (Tom Coraghessan Boyle, nom de plume de Thomas John Boyle) est né en 1948 dans l’Etat de New York. Il a publié 25 romans ou recueils de nouvelles depuis 1979 dont « Water Music », « Au bout du monde », « La belle affaire », « Après la peste ».

T.C. Boyle explore l'Amérique des vrais durs

Conteur émérite, T.C. Boyle poursuit son exploration des failles de l'Amérique. Celle des petits blancs en colère qui, aujourd'hui, se disent prêts a se jeter dans les bras d'un milliardaire vulgaire, raciste et sexiste.

Le premier des « vrais durs » est un brave retraité californien de l'éducation qui s'offre une croisière en Amérique latine avec son épouse. Beaucoup par hasard et sans vraiment réfléchir, Sten Stensen va sauver ses compagnons de voyages d'un braquage dans une jungle pour touristes. Ses réflexes d'ancien Marines lui permettent d'écraser la trachée d'un braqueur famélique. L'homme est mort. Lui est un héros.

Avec un humour caustique et ravageur, T.C. Boyle nous plonge dans la tête de ce gentil blanc défenseur des arbres qui veut bien avoir mauvaise conscience et se poser les bonnes questions sur ses actes à condition que la clim fonctionne correctement et que Carole son épouse ait son cocktail bien frappée. Un « dur » bien tendre qui nous ressemble à faire peur.

De retour en Californie, Sten reprend ses activités de retraités dont la principale est de patrouiller pour sauver la forêt locale mise en danger par des trafiquants de drogues mexicains prêts à tout pour protéger leurs plantations illégales. Seul bémol dans la vie de Sten : son fils Adam. L'adolescent difficile se transforme en jeune adulte sauvage qui nourrit une véritable passion pour les aventures d'un trappeur pisteur du XIXe et pour ses capacités de survie en milieu hostile. Adam va petit à petit s'enfoncer dans les bois et couper tous les ponts avec ses trop gentils parents. Son seul lien avec la civilisation sera Sara, une célibataire quinquagénaire qui mène sa propre guerre contre les autorités en refusant de porter sa ceinture de sécurité et de présenter ses papiers. Une « vrai dur » qui trouve en Adam, outre un amant jeune et vigoureux, un alter ego prêt à partager ses colères contre les institutions. Mais Adam ne va pas se contenter de mener des raids contre la fourrière pour récupérer le chien de Sara « kidnappé » par un shérif « liberticide» (il refuse de se laisser mordre !)

Tous les vrais durs du roman ont leur logique propre qui va inéluctablement conduire vers un déchaînement de violences. Une version XXIe siècle de Rambo qui fait froid dans le dos, même portée par la plume souvent drôlatique de Boyle qui dissèque avec talent les contradictions d'un pays fier de sa liberté et qui ne sait plus que celle-ci s'arrête quand elle empiète sur celle du reste du monde.

Carole Vignaud

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