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Publié par Michel Gorsse

Chaque jour un haïku de Michel Gorsse pour mettre le mot et le vin à la bouche jusqu'au grand rendez-vous des Vendanges littéraires des 30 septembre et 1er octobre.
Car boire un haïku c’est doux.
Et tant pis et tant mieux si vous roulez dessous la table.
 
Dernier haïku 
61.

Jardin japonais

un tantinet à l’anglaise

tel est mon jardin

60.

Nuit dans la montagne

cette musique des sphères

musique de chambre

59.

D’effleurer mon nez

quelle mouche t’a piqué

parfum dans la nuit

58.

Journée sur les crêtes

s’accrochant à ma moustache

la mer de nuages

57.
La plus fraiche des ombres

l’ombre de l’arbre

que tu as planté

56.

Un météorite

déchire la nuit en deux

tout est si paisible

55.

Qui nous fermera

les yeux — qui nous donnera

le dernier baiser

 
54.

Il faut le savoir

il y a sous le roncier

un si doux griffon

53.

C’est plus qu’un pavé

un sacré menhir — Montaigne

dans le sac à dos

52.

Je dois être un sage —

le noir que je broie j’évite

d’en mettre partout

 

51.

La pomme perdue

là où je l’ai tant cherchée

elle est apparue

 

50.
Médoc oublié

sur la table de chevet

un vieux Chasse-spleen

 
49.

Vieille humanité

que la mienne — lampe à suif

la lune d’hiver

 

48.

Il s’en moque bien

l’enfant du froid ­— toboggan

la pente enneigée

47.

Pas même un remous

un grand duc s’est envolé

sous la voie lactée

46.

Abruptes congères

barrant le col — les oiseaux

s’y cassent les dents

 
45.

Égal à lui-même

devant l’hiver qui s’avance

l’homme des montagnes

 
44.

Le pays natal —

je voudrais bien le quitter

dans l’herbe allongé

 

43.

Perchés sur l’auvent

deux oiseaux jusqu’à point d’heure

s’inquiètent du monde

 

42.

L’heure de la sieste

le monde vous appartient

petits papillons

 

41.

La bouche fardée

l’enfant dans les framboisiers

cesse de parler

 
40.

On la voit de loin

dressée dans le sous-bois

l’insolente arnica

 

39.

Brouillard et crachin

la voilà bien dépeignée

la fleur de prunier

 
38.
La voilà enfin

tout l’hiver dans la pensée

la fleur de lilas

 

37.
Le chant du coucou

et le chant de la cognée

seul dans la forêt

 

36.

Il est toujours là

solide comme un vieux frère

le vieux pin noueux

 

35.

Dans le bol de lait

les mouches s’y sont noyées

la tête du chat

 

34.

Comment voles-tu —

on t’a vu au bar hier soir

petit papillon

 
33.

Vos chamailleries

rendent le monde meilleur

beaux papillons blancs

 

32.

On ne l’entend pas

mais son parfum n’est qu’un cri

la menthe coupée

 
31.

Il nous faut un lieu

pour bannir la confusion

et une formule

30.

Un butin d’enfance

un tas d’étoiles filantes

et un ver luisant

 

29.

L’odeur de fumée

dans le petit jour frisquet

le trait bleu d’un geai

 
28.

Il est tout cela

thébaïde et tour d’ivoire

mon vieil ermitage
 
27.

Le petit torrent

murmure dans l’infini

clame l’or du temps

 
26.

Elle écrase tout

la chaleur — tout flagada

mon chapeau de paille

 
25.

Qui tinte qui tinte

sonnaille dans la montagne

grande paix du soir

 
24.
Laisse aller ton cœur
dans la montagne profonde
ainsi le chemin
 
23.
Dans la mare assise
que voit-elle la grenouille
qui me regarde
 
22.
Riche rarement
mais pas une fois licorne
ne m'a fait défaut
 
 
21.
Le soir se prélasse
sur le pic de la Dona
Vénus ouvre l’œil
 
20.
Rien ne nous retient
tant qu'un chemin devant nous
promet fleurs et fruits
 
19.
Quémandeurs de signes
ils ne tombent pas du ciel
du cul de l'oiseau
 
18.
Parfois trouve-t-on
le passage - alors la source
se met à couler
 
 
17.

Comme un grand serpent

la houle des graminées

poursuivant le chat

 

16.

Au bord de la mare

approchant à pas de loup

reinette es-tu là

 
15.

Avec les étoiles

une nuit à discuter

la faute à vodka

 
14.

Sans un papillon

il semble bien solitaire

l’arbre à papillons

 
13.

Un calme parfait

le chant d’un rossignol et

du griffon le charme

 
12.

La pierre a roulé

sous mon pied — la vie aussi

roule sous mon pied

 
11.

Aller lentement

c’est tout ce à quoi j’aspire

petit escargot

 
10.

Ce premier café

l’aube et moi le partageons

dans le même bol

 
9.

Ruisseaux en débâcle

partout où posent les pieds

la botte trouée

 
8.

Les gens de la ville

tuant de mon ermitage

la frêle araignée
 
7.

Vol des migrateurs —

orchestré comme un congrès

du P.C Chinois

 
6.
Cirrus dans l’azur

l’enfant sur sa bicyclette

leur souffle dessus

 
5.
Passages secrets

instables et capricieux

pareils à des gués

 

4.

Craquement du feu

l’odeur amie du café

là-bas c’est ici

 
3.
À chasser les mouches

occupés pareillement

mon cheval et moi

 

2.

Je cligne des yeux

la luciole et la rosée

sous la voie lactée

 
 
1.
Serais-tu pompette

trop de lumière peut-être

petit papillon

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