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Publié par Carole Vignaud

« Le sacrifice des dames » par Jean-Michel Delacomptée

 

Robert Laffont. 237 pages. 18 €

 

Nous sommes au début du XVIe siècle en Hongrie. La jeune Judit est fille du comte Gabor, grand buveur et joueur d’échecs pacifiste. Au grand dam de la demoiselle Judit, laquelle partage sa passion pour le jeu mais aimerait que son père s’engage pour contrer les armées de Soliman le magnifique qui se bâtit un empire en remontant vers le Nord. L’histoire nous apprend qu’il ne fera qu’une bouchée de la Hongrie (et qu’il y trouvera la mort à la fin de sa vie en 1566) mais Judit n’en sait évidemment rien en ce début de siècle.

Et peu importe. Car Jean-Michel Delacomptée, à qui l’on doit de nombreuses biographies allant d’Henriette d’Angleterre à Saint-Simon en passant par Ambroise Paré, se libère ici de toute réalité historique avec cette héroïne cruelle et « machiavélique ». Elle se réfère d’ailleurs souvent aux écrits de cet Italien que lui fait découvrir son précepteur.

« Le sacrifice des dames » ravira les amateurs d’échecs. Judit (nous ne pouvons croire que ce prénom est un pur hasard et qu’il n’est pas un hommage à Judit Polgár, la célèbre Hongroise devenue grand maître international à moins de 15 ans) est donc une joueuse d’exception qui va apprendre que perdre une partie peut faire gagner une vie. Elle va mettre son père en échec et se débarrasser de son encombrante mère sans coup férir.

Un roman cruel qui se termine comme une partie d’échecs... en quelques pages rapides une fois la mise à mort inéluctable aboutie. Brillant et jubilatoire.

Carole Vignaud

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