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Publié par Vendanges littéraires

2003-2007

Les Vendanges littéraires de Rivesaltes ont été créées en 2003 sur une initiative de la municipalité. Jusqu'en 2008, elles ont décerné deux prix : le prix des Vendanges littéraires et le prix spécial du jury (créé en 2005). Le lauréat du prix des Vendanges reçoit une barrique de vin, soit l'équivalent de 225 litres d'une cuvée personnalisée.

Les lauréats des cinq premières années :

Prix des Vendanges littéraires : Nicole Lombard pour "Les Affrontailles" (2003), Gil Jouanard pour "Un nomade casanier" (2004), Robin Chapman pour "L'âge d'or de Sancho" (2005), Frédéric Cathala pour "Les mille mots du citoyen" (2006), Hélène Legrais pour "Les enfants d'Elisabeth" (2007).

Prix spécial du jury : Gérard Bonet pour "L'Indépendant des Pyrénées-Orientales, un siècle d'histoire (2005), Rémy Michelin pour "De plumes en fer" (2006), Jean Sagnes et Jean-Claude Séguela pour "1907, la Révolte du Midi de A à Z" (2007).

2008

Michel Le Bris prix des Vendanges littéraires pour "La Beauté du monde"

Editeur, directeur du célèbre festival du livre « Etonnants Voyageurs » de Saint-Malo, Michel Le Bris est avant tout écrivain. Un de ceux qui, dans la lignée de Conrad, London, Coloane ou R.L Stevenson, ont ce don si particulier de partager avec leur lecteur le banc de nage d’une chaloupe en détresse, de sentir avec lui le frisson des vents alizés, de vivre ensemble d’extraordinaires aventures vers tant d’inaccessibles Ithaques. Avec "La Beauté du Monde", Le Bris peint l’Afrique et les néo explorateurs dans le sépia de l’entre-deux guerres. Karen Blixen aurait beaucoup aimé…

Gérard Jacquet, prix spécial du jury pour "Le petit dico d'aqui"

Gérard Jacquet, animateur de France Bleu Roussillon, a contribué, avec d’autres bien sûr, à faire sortir la chanson catalane du ghetto folklorique dans laquelle elle végétait. Avec « le petit dico d’aqui », il démontre avant tout l’amour qu’il porte à sa terre natale et aux gens qui l’habitent. Mais la forte personnalisation de son dico, l’hilarante et énorme subjectivité, bref le jacquetisme qui a présidé a son élaboration en fait une des oeuvres les plus marquantes de la littérature roussillonnaise.

Photo du haut : Michel Le Bris et Gérard Jacquet, les deux lauréats des Vendanges 2008. Ci-dessous, le jury en 2008 : (de gauche à droite) Henri Lhéritier, Chantal Lévêque, Claude Delmas et son épouse Catherine, Christian Di Scipio, Marie Bardet, Sylvie Lainé, Bernard Revel, Marie Baxellerie (médiathèque). Debout : Michel Lloubes.

2009

Michel Onfray, prix des Vendanges littéraires pour "La religion du poignard, éloge de Charlotte Corday"

“ Trépas d’un chien galeux; naissance d’une femme sublime ”. Entre ces deux êtres que tout oppose – le sanguinaire Jean-Paul Marat dévoyant l’esprit de 1789 dans la Terreur et l’idéaliste Charlotte Corday muée en criminelle par amour du peuple – le tranchant d’une lame. Un couteau de cuisine acheté à la va-vite par la jeune pensionnaire de l’abbaye aux Dames, née dans la noblesse, mais que la lecture de Plutarque et de Corneille (son ancêtre) a pétri de l’idéal républicain.

De Charlotte, on sait par Michelet que son visage de vierge avait “ l’éclat doux du pommier en fleurs ”. Michel Onfray choisit dans cet essai d’exalter sa beauté intérieure, qu’il dépeint sous les traits de vertus peu communes. À elle, donc, la droiture, le courage, la sincérité, la morale et un discernement qui, faisant fi des préjugés de son milieu aristocratique et chrétien, fait d’elle une authentique fille des Lumières. Une “ libertaire ”, ose même Onfray.

Ce saisissant portait de femme n’est pas pour l’hédoniste nietzschéen que l’on sait un simple geste amoureux. Il est à la pointe du couteau un instrument à charge contre Jean-Paul Marat – faux médecin, écrivain raté, pervers manipulateur – et cette “ gauche du ressentiment ” qui croit trouver dans la haine de l’autre un exutoire à ses frustrations.“ (Marie Bardet).

Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, prix Coup de foudre pour "Aya de Yopougon"

Marguerite Abouet, d’origine ivoirienne, est scénariste de bande dessinée.

Arrivée à Paris à l'âge de 12 ans où elle rejoint son grand frère, Marguerite Abouet cesse d'étudier plus vite que prévu, multiplie les petits emplois alimentaires pour se consacrer à l'écriture de romans, sans chercher dans un premier temps à se faire publier. En 2005, elle cosigne avec son compagnon le dessinateur Clément Oubrerie “ Aya de Yopougon ”, une bande dessinée qui raconte avec une voix et un humour inédits une Afrique différente de celle véhiculée par les clichés. Salué par les professionnels, le recueil remporte le prix du Premier album du Festival d'Angoulême en 2006.

(Voir l'article de Bernard Revel : Marguerite Abouet : le petit monde de Yopougon).

Georges Bartoli, prix Vendémiaire pour "La Retirada"

Georges Bartoli est reporter photographe. Il exerce depuis 1981, d'abord dans la presse régionale pour Le Travailleur Catalan, Midi Libre, l'Indépendant… Premières collaborations nationales en 1983 avec l’agence Gamma et le journal l'Humanité.

Pigiste régulier du service photo de l'AFP à compter de 1989, il travaille en particulier sur les sujets sociaux en France, mais effectue également de nombreux reportages en Amérique Latine, en Europe (Espagne et conflit en ex-Yougoslavie en particulier), Afrique et au Moyen Orient.

Indépendant depuis les années 2000, son travail est diffusé par Fedephoto.com. Production beaucoup plus axée sur les questions de la mondialisation et de l'altermondialisation, du monde paysan en France, mais également en Roumanie (avec les collectif « Les Yeux de la Terre » ). Il suit par ailleurs le processus politique d'Hugo Chavez au Vénézuéla.

S’il est un sujet qu’il connaît en profondeur, c’est celui de l’exode des républicains espagnols en 1939, auquel a pris part l’ensemble de sa famille. Georges Bartoli est le neveu de José Bartoli, l’un des dessinateurs majeurs de la guerre civile espagnole. “ La Retirada ” rassemble les dessins réalisés à l'époque par son oncle et des images contemporaines qui balisent l’itinéraire de l’exode entre le front d'Aragon et les plages du Roussillon. Un travail qui pose les problématiques d'un exil long et douloureux à la fois pour ceux qui l'ont vécu, mais également pour leurs descendants qui l'ont reçu en héritage. (Lire l'article "Georges Bartoli : l'exil en héritage).

La foule attirée par Michel Onfray contraint les organisateurs à déplacer les Vendanges sous le platane de la place de Gaulle, devenue depuis le lieu emblématique des Vendanges littéraires. Le lendemain, Michel Onfray et Georges Bartoli reçoivent leur prix des mains du maire de Rivesaltes André Bascou et de son adjointe à la culture Martine Delcamp.
La foule attirée par Michel Onfray contraint les organisateurs à déplacer les Vendanges sous le platane de la place de Gaulle, devenue depuis le lieu emblématique des Vendanges littéraires. Le lendemain, Michel Onfray et Georges Bartoli reçoivent leur prix des mains du maire de Rivesaltes André Bascou et de son adjointe à la culture Martine Delcamp.

La foule attirée par Michel Onfray contraint les organisateurs à déplacer les Vendanges sous le platane de la place de Gaulle, devenue depuis le lieu emblématique des Vendanges littéraires. Le lendemain, Michel Onfray et Georges Bartoli reçoivent leur prix des mains du maire de Rivesaltes André Bascou et de son adjointe à la culture Martine Delcamp.

Marguerite Abouet a le "coup de foudre" pour la cargolade.

Marguerite Abouet a le "coup de foudre" pour la cargolade.

Jean-Claude Drouot, présent à Rivesaltes pour interpréter salle du Dôme "La valise de Jaurès", une pièce qu'il met en scène et dans laquelle il joue le rôle du célèbre tribun.

Jean-Claude Drouot, présent à Rivesaltes pour interpréter salle du Dôme "La valise de Jaurès", une pièce qu'il met en scène et dans laquelle il joue le rôle du célèbre tribun.

2010

Création du prix Jean Morer

En instaurant un prix Jean Morer, le jury des Vendanges littéraires de Rivesaltes a tenu à rendre hommage à ce Rivesaltais décédé en 2008 à l'âge de 86 ans, poète et vigneron, dont toute la vie a été vouée au rapprochement entre la terre et la langue qui est le projet même de notre événement.

Joan Morer était bilingue, il écrivait et traduisait lui-même ses propres œuvres dans les deux langues, catalan et français. Il est également auteur de nombreux textes de chansons, interprétés par des artistes célèbres de Catalogne.

Son art est fait de fidélité à sa double appartenance linguistique et à son pays, il se compose aussi de ces va-et-vient continus entre passé, présent et futur, il nous parle savoureusement de la terre, celle qui file entre les doigts, celle qui porte la vigne et qu’elle nourrit, celle sur laquelle jour après jour se courbe le vigneron, celle, immense, qui forme le monde et ses horizons lointains, il nous parle aussi du vin qui étincelle sur les parois du verre, qui donne aux filles des lèvres rouges et des idées légères.

Il est fait de tendresse pour les humbles, d’attention émerveillée pour un arbre, une fleur, un oiseau, d’ardeur, mais aussi de colère parfois, car son art peut aussi être un glaive, mais toujours éclairé par un humour qui, jouant avec les mots, les noms, les situations, stigmatise et ridiculise les puissants, les exploiteurs et les profiteurs du monde. (Henri Lhéritier).

Christian Oster, prix des Vendanges littéraires pour "Dans la cathédrale"

C'est une virtuosité certaine de la part de ce bonhomme d'élever des petits rien à la dimension d'un roman, de faire d'un inventaire surréaliste (photos, absences, disparitions, rencontres fortuites, allers et venues, autobus, chute à vélo, moissonneuse-batteuse), un récit drôle et décalé. À tout moment le lecteur intrigué, mais surtout amusé, se dit, comment va-t-il s'en sortir (le romancier, je veux dire) et l'animal s'en sort. Il y a des trouvailles nombreuses, dont on se dit, zut, j'aurais aimé inventer ce truc. "Dans la cathédrale" est cette sorte de roman que chacun aurait envie d'écrire, parce que ça paraît simple. Mais il faut un sacré savoir-faire pour maintenir l'intérêt sans avoir l'air d'y toucher.

C'est un roman que même les moissonneuses batteuses peuvent lire.

C'est simple et enlevé, ça se passe de références, ce n'est pas "Crime et Châtiment", mais justement ce n'est pas le projet. il y a de la distance, beaucoup de dérision et pourtant ça fonctionne comme un roman.

Quant au style, à mon sens, ce coté faussement maladroit (alambiqué, plein de dis-je, de dit-il, parfois de non sens stylistique) est à mettre au compte, me semble-t-il de la drôlerie.

À noter une description de la cathédrale de Chartres hors des sentiers battus. (Henri Lhéritier. Lire aussi l'article de Chantal Lévêque : Christian Oster moissonneur de cathédrale).

Christian Oster dédicace son roman à une lectrice venue l'écouter sous le platane.

Christian Oster dédicace son roman à une lectrice venue l'écouter sous le platane.

Charles Juliet, prix Jean Morer pour "Lumières d'automne"

Une soirée de printemps rafraîchie par une puissante tramontane dans un village de pêcheurs des Corbières maritimes. Une salle comble. Effervescence sensible alors que tu n’as pas encore paru. J’achète « Lumières d’automne », le dernier tome de ton Journal et pour la seconde fois, j’achète aussi « Lambeaux » et « L’année de l’éveil » pour les prêter ou les offrir, je ne sais pas encore…

Tu seras ainsi toute la soirée : doté d’un magnétisme puissant, d’une quiétude communicative. D’une patience jamais prise en défaut en dépit des questions qui fusent et auxquelles tu accordes une attention extrême. D’une voix qui ensorcelle, dont les inflexions restent gravées en mémoire. Lit-on à distance un de tes textes qu’une mélodie, un tempo bien particulier, se font entendre, se superposent à la lecture comme un double musical. Jamais revenue tout-à-fait de ce saisissement, j’ai cherché, cherché à comprendre d’où venait cette voix singulière…

Je me suis inquiétée de savoir si cette foule, ces questions, ce brouhaha, cela n’était pas trop pénible pour toi. Ta réponse a fusé : « Quand on est en paix avec soi, on peut s’ouvrir aux autres sans effort ». (Marie Bardet. Extraits).

Charles Juliet en dialogue avec Marie Bardet sous le platane.

Charles Juliet en dialogue avec Marie Bardet sous le platane.

Michel Arcens, prix Vendémiaire pour "Instants de jazz"

Michel Arcens donne la pleine mesure de sa passion pour une musique qu’il célébra dans le Midi Libre et dans des revues spécialisées. Tous les grands, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, sont au rendez-vous de son écriture inspirée qui sait à la fois raconter, analyser et émouvoir. Elle nous entraîne loin, des « étranges fruits » de Billie Holiday aux « nuages » de Django, dans ce voyage du jazz qui, Michel Arcens en est persuadé, n’aura pas de fin. Deux grandes sensibilités accompagnent ces instants de jazz. L’écrivain Alain Gerber chante ses rencontres, d’Antibes en Amérique, phrases syncopées qui perpétuent des atmosphères de salles disparues, de festivals sous canicule, de trottoirs où passent les ombres d’Archie Shepp et de Jack Kerouac. Le producteur Jean-Jacques Pussiau feuillette quant à lui, au gré des coups de cœur d’Arcens, l’album photo de sa jeunesse quand il saisissait en noir et blanc des instantanés de Chet Baker, Count Basie, Dizzy Gillespie et tant d’autres.

Michel Arcens répond aux questions de Chantal Lévêque.

Michel Arcens répond aux questions de Chantal Lévêque.

2011

Les Vendanges littéraires décernent pour la première fois quatre prix.

- Le prix des Vendanges littéraires attribué à un auteur pour un livre paru dans l'année. Il est doté d'une barrique de vins des côteaux de l'Agly (soit 300 bouteilles);

- Le prix Jean Morer qui récompense un écrivain pour l'ensemble de son oeuvre et qui a fait paraître un livre dans l'année (100 bouteilles de vin);

- Le prix Vendémiaire attribué à un écrivain publié par un éditeur du département (100 bouteilles de vin);

- Le prix Coup de foudre attribué à un écrivain qui a fait une forte impression sur le jury (100 bouteilles de vin).

Le jury en 2011. De gauche à droite : Sylvie Coral, Henri Lhéritier, Marie Bardet, Christian Di Scipio, Carole Vignaud, Bernard Revel, Martine Delcamp (adjointe au maire de Rivesaltes), Chantal Lévêque.

Le jury en 2011. De gauche à droite : Sylvie Coral, Henri Lhéritier, Marie Bardet, Christian Di Scipio, Carole Vignaud, Bernard Revel, Martine Delcamp (adjointe au maire de Rivesaltes), Chantal Lévêque.

Bernard Pivot prix des Vendanges littéraires pour "Les mots de ma vie"

Amoureux de la littérature, Bernard Pivot s'affirme avec « Les mots de ma vie » comme un véritable écrivain. De Ad hoc à Zut, son dictionnaire intime compte près de deux cents mots bien choisis dont les définitions sont des chroniques minuscules qui, avec légèreté toujours, humour souvent, gravité parfois, sautent de la biographie au portrait, ou expriment goûts et sentiments. Le public est venu nombreux pour retrouver sous le platane de Rivesaltes celui qui les enchantait sur le plateau d'Apostrophes. (Lire l'article "Bernard Pivot : la vie prise aux mots".

Bernard Pivot sous le platane répond aux questions de Marie Bardet et Bernard Revel.

Bernard Pivot sous le platane répond aux questions de Marie Bardet et Bernard Revel.

Javier Cercas prix Jean Morer pour "Anatomie d'un instant"

L'écrivain espagnol Javier Cercas est récompensé pour « Anatomie d’un instant » et l’ensemble de son œuvre. L’auteur célèbre des « Soldats de Salamine » décrit minutieusement cet instant du 23 février 1981 quand le lieutenant-colonel Tejero et ses sbires envahirent les Cortès, faisant vaciller la jeune démocratie espagnole. Javier Cercas n'a pas fait un roman de ce coup d’Etat raté mais un récit circonstancié et véridique qui se lit comme un roman. (Lire l'article "Javier Cercas : un instant de courage et de grâce").

Javier Cercas pendant le débat animé par Carole Vignaud et Henri Lhéritier.

Javier Cercas pendant le débat animé par Carole Vignaud et Henri Lhéritier.

Michel Gorsse et Bernard Combes prix Vendémiaire pour "Divagalâmes"

C’est à un dictionnaire à nul autre pareil que revient le prix Vendémiaire :" Divagalâmes", pur produit de l’excellente revue « La Licorne d’Hannibal ». Poète et éleveur de chevaux, Michel Gorsse est aussi inventeur de mots. Au plaisir de déambuler parmi ceux-ci, s'ajoute la délectation de découvrir les définitions qu'il en donne et qu’illustrent dans le même esprit les dessins de Bernard Combes. Ce n'est pas le bonnet rouge de Victor Hugo que «Divagâlames» met aux vieux dictionnaires, c'est un string qui déshabille les mots et fait naître une envie irrépressible de les trousser à notre fantaisie. (Voir l'article "Michel Gorsse : un string aux vieux distionnaires").

Les comédiens Christian Hernandez et Anne Patrux lisent des extraits de "Divagalâmes" en présence de Bernard Combes et Gérard Salgas qui représente Michel Gorsse en voyage en Mongolie.

Les comédiens Christian Hernandez et Anne Patrux lisent des extraits de "Divagalâmes" en présence de Bernard Combes et Gérard Salgas qui représente Michel Gorsse en voyage en Mongolie.

Philippe Georget prix Coup de foudre pour "Le paradoxe du cerf-volant"

Pour le prix Coup de foudre c'est un polar qui a fait la conquête du jury : « Le paradoxe du cerf-volant » de Philippe Georget. Il y a tout dans ce roman qui va bien au-delà du genre : un personnage principal bouleversant, un scénario rythmé et bien ficelé, un rappel d'histoire, une leçon d'humanisme et d'humilité, des sourires très souvent, quelques larmes parfois. Avec son boxeur trop tendre pour le ring, Philippe Georget réinvente le polar à la française en lui donnant une profondeur émouvante et salutaire. (Voir l'article : "Philippe Georget : un uppercut de talent").

Philippe Georget et Christian Di Scipio : quand deux auteurs de polars se rencontrent, de quoi parlent-ils ?

Philippe Georget et Christian Di Scipio : quand deux auteurs de polars se rencontrent, de quoi parlent-ils ?

Les lauréats 2011 réunis. De gauche à droite : Bernard Pivot, Philippe Georget, Bernard Combes, Gérard Salgas et Javier Cercas.

Les lauréats 2011 réunis. De gauche à droite : Bernard Pivot, Philippe Georget, Bernard Combes, Gérard Salgas et Javier Cercas.

Fête des mots et des sens, les Vendanges littéraires ont ouvert aussi les guillemets à La Fontaine par la bouche gourmande de Jean-Claude Drouot qui a dévoilé la face « libre et libertine » du grand fabuliste.

Fête des mots et des sens, les Vendanges littéraires ont ouvert aussi les guillemets à La Fontaine par la bouche gourmande de Jean-Claude Drouot qui a dévoilé la face « libre et libertine » du grand fabuliste.

10 MARS 2012 : la ruée vers Onfray

Cuvée spéciale en mars pour les Vendanges littéraires qui accueillent Michel Onfray venu présenter son livre : "L'ordre libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus". Bien avant l'heure, le public afflue et, dès l’ouverture des Dômes, envahit la salle. 1100 places ! Nous espérions en remplir la moitié. Elles ont toutes été occupées. Une cinquantaine de personnes n’ont pu entrer. Un philosophe qui attire autant de monde, c’est du jamais vu en Roussillon.

Michel Onfray continue le combat pour la vérité que Camus avait engagé en son temps. Tel était son message à Rivesaltes. « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire», célèbre formule de Jean Jaurès, voilà ce qui l'anime. Pour lui, ce n’est pas un slogan creux juste bon à être lancé du haut d’une tribune politique. C’est une morale qui prend sa source dans la vie « minuscule » d’un père ouvrier. La fidélité au père, c’est aussi cela qui le rapproche de Camus.

Mais ce qui le différencie de l’auteur de « L’Etranger », c’est sa fougue, son tempérament, son grand talent d’orateur. Sans notes, sans la moindre hésitation, toujours avec clarté et des mots simples, il tient pendant deux heures une salle en haleine. Michel Onfray est un justicier philosophique dans un monde où règne l’injustice.

Après sa conférence, a commencé une longue séance de dédicaces. Pendant deux heures, deux ou trois cents personnes ont attendu patiemment leur tour. Il était épuisé. Il n’en a rien montré, toujours souriant, à l’écoute. Et quand on lui demande comment il fait pour tenir le coup, il répond simplement : « Je n’ai aucun mérite. J’aime les gens. » (Lire l'article "Michel Onfray : Camus l'Algérien").

Michel Onfray pendant la conférence, entouré de Marie Bardet et Bernard Revel.

Michel Onfray pendant la conférence, entouré de Marie Bardet et Bernard Revel.

1100 personnes ! Du jamais vu pour une conférence culturelle en Roussillon.

1100 personnes ! Du jamais vu pour une conférence culturelle en Roussillon.

2012 : 10 ANS !

Pour marquer cette date importante dans leur courte existence, les Vendanges littéraires créent un prix Spécial dixième anniversaire. Il est attribué à l'unanimité à Michel Onfray qui a marqué leur histoire. Le prix des Vendanges 2012 revient à Jean Echenoz, le prix Jean Morer à Marie Rouanet, le prix Vendémiaire à Adrienne Cazeilles et le prix Coup de foudre à Cécile Coulon. Une invitée de dernière minute : la pluie qui nous fait abandonner le platane pour le Dôme.

La "cuvée" 2012 en compagnie du jury et des élus dans la cave d'Henri Lhéritier. Photo Philippe Cadu

La "cuvée" 2012 en compagnie du jury et des élus dans la cave d'Henri Lhéritier. Photo Philippe Cadu

Michel Onfray prix Spécial dixième anniversaire

Six cents personnes ont pris place dans l’immense salle pour écouter Michel Onfray. Marie Bardet et Christian Di Scipio le cuisinent sur son enfance, son parcours atypique, ses succès, l’argent, les femmes. Il n’élude aucune question, répond avec la passion de convaincre et l’art d’argumenter qui l’habitent, souvent avec humour, parfois avec humeur, toujours brillamment.

L’écrivain Joseph Ribas qui l’a écouté avec ferveur prend sa plume le soir même et nous confie ses impressions : « Il a dit des choses fortes sur l'Ecole, l'éducation, la révolution sans terreur, l'état de la littérature et de la philosophie, la gauche, les vertus du travail... Il a arpenté tout un champ d'anti-histoire levant le voile sur les nouveaux savoirs qu'il nous faut conquérir.

Il a dit "tenir sa popularité", sa renommée de son lectorat et non des "dix faiseurs" de la place de Paris, mais du sang vif de la province. Je croyais entendre Ramuz, le Ramuz de "Questions", de "Besoin de grandir", de "Taille de l'Homme", le Ramuz de "La découverte du monde". Ramuz mais aussi, moins souvent quand même, Thoreau, celui de "Plaidoyer de John Brown", celui de la "Désobéissance civile, de la "Détestation de la Servitude" ou du "Refus d'être esclave de la nécessité"... Ramuz, Thoreau, les voilà les pré-Onfray !... »

Longs applaudissements, longue file pour la dédicace.

Pour finir cette première journée, on prend le temps, un verre de muscat jolly-ferriol à la main, servi par un joli sourire, d’aller à la découverte des livres des éditeurs régionaux et des vins de l'Agly.

Christian Di Scipio a animé la rencontre avec Michel Onfray en compagnie de Marie Bardet. Photo Philippe Cadu

Christian Di Scipio a animé la rencontre avec Michel Onfray en compagnie de Marie Bardet. Photo Philippe Cadu

Le public à l'écoute dans la grande salle du Dôme. Les Vendanges de Rivesaltes sont devenues l'un des grands rendez-vous littéraires de la région. Photo Philippe Cadu

Le public à l'écoute dans la grande salle du Dôme. Les Vendanges de Rivesaltes sont devenues l'un des grands rendez-vous littéraires de la région. Photo Philippe Cadu

Adrienne Cazeilles prix Vendémiaire pour "Voyage autour de mon jardin"

Dimanche matin : Adrienne Cazeilles, prix Vendémiaire, a fait savoir qu'elle ne serait pas là. Pourtant, la veille, elle était décidée. Elle se sentait bien. Elle avait envie d’être avec nous. A cause de vertiges, elle a préféré renoncer. Nous sommes déçus mais, dans un sens, rassurés. Elle aura 90 ans en mars 2013. Elle reste chez elle à Thuir mais elle est avec nous quand même grâce à un enregistrement. Sa belle voix aux rocailleuses intonations résonne dans la salle. Le public, peu nombreux en cette heure matinale, est saisi d’émotion.

Puis Sylvie Coral évoque l’histoire d’Adrienne, son livre, "Quand on avait tant de racines", sur l’incendie des Aspres, la métamorphose de l’institutrice en écrivain au style vigoureux et poétique. La comédienne Anne Patrux lit des extraits d’un ton juste et inspiré. Et Chantal Lévêque rappelle les engagements de la vieille dame indignée qui a bien accompli sa « part du colibri ». Ce fut un grand moment d’intelligence et de sensibilité que l’absence d’Adrienne a rendu plus intense encore (Lire l'article "Adrienne Cazeilles : un jardin vaste comme le monde").

Adrienne Cazeilles (90 ans) présente par la voix : un des grands moments d'émotion de ces Vendanges.

Adrienne Cazeilles (90 ans) présente par la voix : un des grands moments d'émotion de ces Vendanges.

Sylvie Coral et Chantal Lévêque ont parlé d'Adrienne Cazeilles avec sensibilité. La comédienne Anne Patrux a lu des extraits du livre de la "vieille dame indignée". Photo Philippe Cadu

Sylvie Coral et Chantal Lévêque ont parlé d'Adrienne Cazeilles avec sensibilité. La comédienne Anne Patrux a lu des extraits du livre de la "vieille dame indignée". Photo Philippe Cadu

Cécile Coulon prix Coup de foudre pour "Le roi n'a pas sommeil"

Le prix Coup de foudre attribué au roman « Le roi n’a pas sommeil » trouve tout son sens en présence de Cécile Coulon quand elle épice le charme naturel de sa jeunesse de bonnes pincées d’esprit, de culture et de fantaisie. Elle aime Lovecraft, Jacques Prévert, Stephen King et René Guy Cadou, c’est dire si son horizon est large et multiples les sources où puise son univers romanesque.

Marie Bardet et Christian Di Scipio qui en ont vu d’autres pourtant, sont « foudroyés » par tant de spontanéité qui ne demande qu’à s’exprimer. Elle a l’air de bien se marrer, elle. Elle chausse ses lunettes pour lire quelques lignes de son roman, elle fait un jeu de mot, elle répond du tac au tac. Le public est conquis. Il applaudit cette tête blonde si bien faite et si bien pleine. Elle ira loin, Cécile. Les Vendanges rêvent déjà de croiser à nouveau sa route. (Lire l'article "Ne laissez plus votre coeur chasser en solitaire").

Cécile Coulon et Marie Bardet : le courant passe comme il passe entre la jeune fille et un public sous le charme. Photo Philippe Cadu

Cécile Coulon et Marie Bardet : le courant passe comme il passe entre la jeune fille et un public sous le charme. Photo Philippe Cadu

Jean Echenoz prix des Vendanges littéraires 2012 pour "14"

Depuis leur création, les Vendanges rêvent d’accueillir un jour Jean Echenoz . Et voici qu’il est là, sur la scène du Dôme, venu en toute simplicité s’entretenir d’un de ses plus beaux romans, « 14 » avec l’un de ses plus grands admirateurs, le romancier-vigneron Henri Lhéritier qui doit se pincer discrètement pour y croire. Carole Vignaud elle-même, une « pro » de l’interview pourtant, en perd son latin et mélange ses feuillets. Ses questions retrouvées lui valent des réponses concises. On ne pratique pas la logorrhée chez Echenoz.

Quant à Henri Lhéritier, il est sur un tout autre registre. Il n’a pas de question à poser. Il sait tout de son écrivain préféré. Il lui dit son enthousiasme, sa jubilation, sa béatitude. Il en oublie le public qui se sent peut-être de trop. Jean Echenoz sourit, amusé sans doute, touché certainement, s’efforçant avec flegme de refroidir tant d’ardeur. On ne peut imaginer tempéraments plus opposés. Pourtant, croyez-moi, entre ces deux-là, le courant passe. Au moment de se séparer, ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Soyons sûrs qu’ils se reverront. (Lire l'article "La guerre selon Echenoz").

Jean Echenoz répond modestement aux questions enthousiastes de Carole Vignaud et Henri Lhéritier. Photo Philippe Cadu

Jean Echenoz répond modestement aux questions enthousiastes de Carole Vignaud et Henri Lhéritier. Photo Philippe Cadu

Le public aussi pose des questions. Ici, le poète et romancier Didier Pobel venu de Grenoble pour assister aux Vendanges. Photo Philippe Cadu

Le public aussi pose des questions. Ici, le poète et romancier Didier Pobel venu de Grenoble pour assister aux Vendanges. Photo Philippe Cadu

Marie Rouanet prix Jean Morer pour "L'Arpenteur"

Avec Marie Rouanet, prix Jean-Morer pour « L’Arpenteur », l’émotion revient au galop. Lorsqu’elle parle ou dit un poème, la frêle dame d’Occitanie tient le public captif sous la magie de son verbe. Elle est grande, alors, belle et rebelle.

Ce matin, elle est allée visiter avec son mari l’écrivain Yves Rouquette, le Centre de sculpture romane de Cabestany. Il est essentiel pour elle, quand elle voyage, de prendre des repères là où elle se trouve. Et ce lieu l’attirait à cause de Guilhem de Cabestany dont elle narre la légende. Ayant séduit la femme du seigneur de Château-Roussillon, l’infortuné troubadour fut poignardé par ce dernier qui lui arracha le cœur et le donna à manger à la belle.

Le public est suspendu aux lèvres de Marie Rouanet qui raconte les statues-menhirs de ce rude Rouergue où elle vit désormais. Vivre là ou ailleurs, dit-elle, ce n’est pas cela qui compte. Il n’y a aucune fierté à être né quelque part. Ce qui compte, c’est « habiter » la terre où nous sommes. Et souvent, nous ne savons pas. Telle est la question que soulève « l’arpenteur ».

On écoute Marie Rouanet en oubliant que le temps s’écoule. On est surpris de voir arriver le moment où tout est dit. On réalise que vient d’être tournée l'une des plus belles pages des Vendanges littéraires. (Lire l'article "Marie Rouanet : les arpenteurs du temps").

Marie Rouanet, grande dame d'Occitanie et de partout. Photo Philippe Cadu

Marie Rouanet, grande dame d'Occitanie et de partout. Photo Philippe Cadu

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