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Publié par Bernard Revel

L'annonce du décès de Didier Decoin survenu ce 5 août nous attriste et nous rappelle combien sa présence en octobre 2017 à Rivesaltes avait, malgré la pluie, été le rayon de soleil des Vendanges littéraires. Il ne pouvait y avoir meilleur lauréat que lui - avec Bernard Pivot quelques années plus tôt - pour incarner, avec gourmandise et joie de vivre, cet heureux mariage du vin et de la littérature qu'était notre manifestation.
Lui qui fut prix Goncourt en 1977 et présida l'Académie du même nom, reçut notre modeste prix avec une grande simplicité et en exprimant deux jours durant, un tel plaisir qu'il se communiqua aux trois autres lauréats - Maïté Pinero, Michel Embareck et Jean-Yves Laurichesse - mais aussi au jury et au public et fut la marque de ces quinzièmes Vendanges. 

C'est avec la même bonhomie qu'il parla de son roman primé, "Le bureau des jardins et des étangs", qui nous plongeait dans un passé de rêve. « Le Japon est alors, pendant quatre siècles, une bulle enchantée », avait-il dit en réponse aux questions de Carole Vignaud et Michel Gorsse.  Un Japon où il n’était jamais allé du reste mais qu’il avait étudié dans les livres.  Car « on découvre tout par la lecture ». Son héroïne, la jeune veuve Miyuki a une grande qualité : « Elle sait aimer. Quand on sait aimer on sait tout ». Ce roman est une fête des sens, un hymne aux odeurs. « J’ai un gros nez, s’était exclamé Didier Decoin, il faut bien qu’il serve à quelque chose.  Un nez renifleur. Je n’ai pas d’odeur ennemie. Aucune ne me révulse. Je suis fasciné par l’odeur de la chair ». Et le public fut fasciné par ce bon vivant si chaleureux, aussi gourmand de mots que de bonne chère, qui a mis 12 ans dont 8 consacrés à la documentation, pour écrire son roman.  « A mon âge, dit-il, il faut se lancer des défis. En écrivant ce roman, combien de fois je me suis dit que je n’y arriverais pas. Et pour le prochain que j’écris en ce moment, je me dis la même chose ».
Son dernier roman "Maypops" est paru en mai dernier.
Peu après les Vendanges littéraires de 2017, il nous avait envoyé ces mots : « Votre message ravive en moi de bien joyeux souvenirs : comme c'était bon, ce trop court mais si chaleureux séjour dans la belle lumière de Rivesaltes ! Recevoir le prix des Vendanges Littéraires m'a fait un immense plaisir... qui se prolonge par la dégustation gourmande des vins l'accompagnant. Ah ! ils sont délectables, les vins de votre soleil. Voulez-vous le dire de ma part à vos amis vignerons ? »

Bernard Revel

Le jury des Vendanges littéraires de l'époque (Bernard Revel, Carole Vignaud, Sylvie Coral, Chantal Lévêque, Elisabeth Fita, Christian Di Scipio, Michel Gorsse, Didier Pobel) et Martine Delcamp, adjointe au maire, adressent leurs sincères condoléances à son épouse Chantal dont la présence discrète et protectrice à ses côtés, nous laisse aussi un grand souvenir.  

Photo de groupe : Didier Decoin au premier rang à droite. Derrière lui, en blanc, son épouse Chantal. Autour d'eux, les autres lauréats et le jury des Vendanges littéraires. (Agly photo 66 J. C. Carle).

 

 

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